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Exposition : Guy Calamusa - 15/09/2017

Du 15 au 30septembre 2017 - Librairie Lettres VIves

 

Exposition présentée par la Maison d’Art Contemporain – Chantal Mélanson
Rencontre avec l’artiste le 23 septembre à la librairie de 10h à 12h et de 14h30 à 16h30.
Ce nouveau travail de Guy Calamusa offre une place prépondérante au monde animal déjà présent dans des toiles antérieures où ils évoluaient dans un paysage fait de broussaille. Ici, les animaux se donnent en spectacle. Ils s'exhibent, apparaissent sur le théâtre du monde fait de symboles qui jalonnent les feuilles de papier : feuilles d'arbres dessinées, points cloutés, chemins, graffitis au crayon, roues, échelles, barques noires.
Ces animaux hors du temps nous racontent l'histoire d'un univers perdu où autrefois les humains dialoguaient avec eux. De face ou de côté, solitaires ou accompagnés, dotés parfois de mains, de pattes ou de jambes, à mi-chemin entre l’homme et l’animal, ils nous font interpellent, ne nous laissent pas indifférents. Entre voir et ne pas voir, être vu et se dérober, il y a d'une pièce à l'autre comme un jeu de cache-cache. Les animaux ne sont pas saisis par le peintre furtivement. Au contraire, ils occupent le centre de la toile dans leur masse légère. En effet, les contours, les traits sont parfois fins, épais. Crayons gras, secs, pastels, lignes larges ou à peine élaborées au pinceau, ils s’exposent dans leur fulgurance, s'offrent à notre regard dans leur plus grande singularité. Assis, debout, couchés, face à face, dos à dos, l'un sur l'autre - singes, sangliers, chevaux, chiens pour ceux qu'on peut déterminer – toute une ménagerie issue d'une forêt imaginaire, des contes de notre enfance ou de souvenirs livresques – on pense ici aux références mythologiques, aux amours coupables d'Europe, ou plus éloigné de nous au livre des morts de l'Égypte ancienne- amène celui qui la regarde vers un ailleurs fait de rêves. Ces bêtes si humaines, dotées de sentiments, d'intelligibilité nous parlent, nous regardent, nous interrogent comme elles devaient certainement parler, regarder, interroger les hommes de Lascaux. Issues d'un hors-champ riche en couleurs, elles adoptent des postures méditatives. Elles s’observent, se séduisent, pointent un doigt accusateur, tendent une main généreuse qui caressent, saisit l'autre et s’accouplent dans une joie indicible. Nous retrouvons en filigrane, d'un papier à l'autre, cette opposition, ce tiraillement entre la lumière et le deuil propre au parcours du peintre d'origine sicilienne. C’est alors la tristesse du monde qui est manifeste. Ces créatures issues de la nuit ne veulent plus voir, se cachent la tête ou disent l'accablement du monde. Ce chaos, cet état sont surlignés dans de nombreux papiers : souvent les formes semblent inachevées, non finies, esquissées rapidement dans une urgence. La peinture est là, fine, transparente, jetée. C'est alors que de grands animaux bleus, des loups noirs flottants accompagnent des morts aux yeux ouverts dans un éternel présent. Les morts ici ont des traits, les yeux écarquillés. Ils ne sont pas effrayants.
En observant de plus près les grands papiers du peintre, ces animaux s'ils racontent une traversée, s'ils nous disent quelque chose d'une innocence perdue, loin de nous être indifférents, nous interpellent, nous saisissent dans leur vitalité, leur élan. On a l'impression que derrière chaque animal le peintre recompose un monde où les ressources fragiles du vivant cohabitent de nouveau, s'ouvrent. Il y a ici comme un frémissement pour reprendre une expression au philosophe J.C Bailly. « Chaque animal est un frémissement de l'apparence et une entrée dans le monde. Chaque entrée dans le monde est un monde, un mode d'être au monde, une traversée, une histoire. » (J.C Bailly, Le parti pris des animaux, 2013)

 

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